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22 janvier au 11 mars. Espérons que… speriamo che. La mémoire des Italiens en Pays de Savoie au Palais de l’Ile, Annecy

A travers des dizaines de témoignages familiaux qui concernent parfois quatre à cinq générations, les Italiens nous disent comment ils ont vécu leur implantation en Savoie. La mémoire italienne fut longtemps enfouie.


Quand on est fier de son pays natal,

de sa culture mais lorsque se manifeste le mépris, la jalousie ou mieux l’indifférence envers les nouveaux venus, on se tait et on préfère passer inaperçu.
Aujourd’hui, les Italiens évoquent ce qu’ils ont apporté à l’évolution économique, sociale et culturelle de la Savoie et de la Haute-Savoie. Ils parlent des liens qu’ils ont conservés avec leur région d’origine.
Ils affirment les richesses d’une double culture qui ont fait de la Savoie et de la Haute-Savoie, une terre d’échanges entre nos deux nations.

Une recherche sur la mémoire italienne en Pays de Savoie

Initiée en mai 2006, à la demande de l’Assemblée des pays de Savoie, une recherche a été entreprise pour valoriser la mémoire des immigrés italiens implantés dans les deux départements savoyards afin d’écrire localement le phénomène migratoire. Cette recherche a été menée avec le soutien du Comites de Chambéry, antenne locale du comité des Italiens à l’étranger. La recherche a été coordonnée par François Forray, historien et Angela Caprioglio, sociologue.

Cette recherche a été facilitée par l’intense animation et sensibilisation des communautés italiennes autour du projet. Il a été également possible de travailler avec les centres de recherche sur l’émigration italienne en France et en Italie. Cette recherche a permis par exemple de mieux comprendre le fonctionnement de l’Office national d’Immigration (ONI) et de ses centres de Milan, Montmélian et Modane entre 1945 et 1969.

De multiples témoignages ont été recueillis auprès des personnes, des associations italiennes et des institutions : témoignages oraux, écrits, matériels comme des photographies, des correspondances et des objets relatifs à l’émigration.

L’apport de la communauté italienne d’Annecy

Pour sa présentation à Annecy, l’exposition conçue par l’historien François Forray et la sociologue Angela Caprioglio est complétée par des documents provenant de familles d’origine italienne d’Annecy et des environs.

Les frères Ceccon
A travers son entreprise, la famille Ceccon de Cran-Gevrier est fortement présente dans l’histoire d’Annecy et de la Haute-Savoie. Delphino Ceccon créé l’entreprise durant l’entre-deux-guerres et débute dans la construction pour ensuite se développer majoritairement dans les travaux publics et routiers. En 1936, il acquiert une sablière qui assure le début de la prospérité de l’entreprise. Cette histoire est évoquée grâce au prêt d’un document précieux écrit par Delphino Ceccon à la fin de sa vie. Il s’agit d’un cahier de mémoires manuscrit qui raconte l’histoire de la famille depuis le village italien de San Nazario en Vénétie jusqu’à l’installation définitive à Annecy après un détour par Chambéry.

Jean (Giovanni) Stellio, un artiste peintre d’origine italienne défenseur du patrimoine français
L’histoire de Giovanni Stellio se déroule parallèlement à l’histoire de la ville d’Annecy au XXe siècle. Jeune peintre décorateur dans les années 1910, il travaille dans l’entreprise Gibello à la construction de la basilique de la Visitation et participe également au projet de la création de la plage d’Annecy.
Plus tard, dans les années soixante, il contribue également à la restauration des peintures décoratives annéciennes comme à l’église Notre-Dame de Liesse et est aussi créateur de décors comme à l’église Saint-Maurice de Montmin.
Pour l’exposition, son petit fils, Jean-François Stellio prête des documents extraits d’un recueil conservé précieusement par la famille. Ces documents ont été rassemblés par François Stellio, le fils de Jean Stellio.

Alberto Moro et l’amour du village natal
Alberto Moro, habitant de Marcellaz-Albanais arrive à Annecy en 1957. Il vient du village de Rivalta situé sur la commune de San Nazario. Depuis quelques années, dans son atelier de sa maison villageoise de Marcellaz-Albanais, il travaille sur deux maquettes qui représente des morceaux de son village natal. Sur la base de ses souvenirs et de visites sur place, il réalise ces deux maquettes avec une sorte de passion. Tous ces villages d’origine de ces Italiens venus s’installer en Savoie et Haute-Savoie restent fortement présents dans la mémoire de ceux qui les ont quittés. Ici, Alberto Moro traduit une passion particulière pour ces origines.

Le village de Montasola, dans la province de Rieti au sud du Latium
Plusieurs familles de Cran-Gevrier sont originaires de Montasola, un village des Apennins. La famille Valentini-Communal conserve précieusement une correspondance des années de guerre (1939-1945). Les parents étaient retournés en Italie quelques années avant la déclaration de guerre et gardaient le contact grâce à une correspondance échangée avec leurs enfants restés en France. Cette correspondance raconte l’histoire d’une famille. Une des filles vivant à Cran-Gevrier était concierge à l’usine des Tissages.

L’église des Italiens et la mission catholique italienne
L’église du premier monastère de l’ordre de la Visitation, aujourd’hui église Saint-François, est plus connue par les Annéciens en tant qu’église des Italiens. Elle est en effet aujourd’hui la paroisse personnelle des Italiens. Affectée à la communauté italienne en 1923, l’église Saint-François et un cas unique en France d’une église affectée par une municipalité à une communauté étrangère. L’autre élément assez unique est la publication par la mission catholique italienne d’un bulletin religieux et communautaire qui s’est maintenue de manière continue de 1929 à nos jours.
Ce bulletin dénommé dans les premières décennies La Buona parola et aujourd’hui Campana Nostra a collaboré avec d’autres missions catholiques italiennes en France comme celle de Toulouse et de Chambéry qui donnaient parfois des articles pour alimenter la publication annécienne

Pratique

Palais de l’Ile
Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine
Passage de l’Ile, Annecy
Ouvert tous les jours, sauf le samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h
Du 1er juin au 30 septembre, tous les jours de 10 h 30 à 18 h
Droits d’entrée
Plein tarif : 3,60 € tarif réduit : 1,30 €
Billet jumelé avec le Musée-Château : 6,30 €
Gratuit le 1er dimanche du mois du 1er octobre au 31 mai
Renseignements
Tél. 04 50 33 87 30
Fax 04 50 33 00 84
musees.agglo-annecy.fr
musees@agglo-annecy.fr


pierre aimar
Vendredi 22 Janvier 2010
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