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20.10.2010 > 23.01.2011 : Le monde de Lucas Cranach. Un artiste de l'époque de Dürer, Titian, Metsys. Palais des Beaux-Arts, Bruxelles

Plus de 50 tableaux et une centaine de gravures et de dessins de Lucas Cranach l’Ancien seront mis en relation avec des oeuvres de ses contemporains. Il s’agit de la première exposition consacrée à ce maître de la Renaissance dans le Benelux.


Lucas Cranach the Elder, A Female Personification of Justice, 1537, Private collection
Lucas Cranach the Elder, A Female Personification of Justice, 1537, Private collection
Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553) compte parmi les artistes les plus populaires de la Renaissance en Europe du Nord. Ses portraits du réformateur Martin Luther et ses nus sensuels sont inscrits dans la mémoire collective.
Pourtant, en dehors de son pays natal, les présentations de son oeuvre d’une extraordinaire diversité sont restées jusqu’à ce jour assez fragmentaires. L’exposition de Bruxelles est la première qui soit consacrée à ce peintre allemand dans un pays du Benelux. A partir de son voyage en Flandre en 1508, qui le mit en contact avec les avancées les plus récentes de l’art des Pays-Bas, elle interroge les influences successives qui se sont exercées sur Cranach.

Peintre de la cour des princes électeurs de Saxe, à Wittenberg, pendant près de 50 ans, l’artiste connut par ailleurs personnellement quelques-unes des figures majeures de cette époque mouvementée, comme Charles Quint, Marguerite d’Autriche ou Martin Luther. En voyant les portraits qu’il fit de ces personnalités et certaines de ses oeuvres mises en regard avec celles de collègues allemands, flamands et italiens, on se rend compte à quel point Cranach était imprégné de la politique et de la culture d’Europe centrale. Quelques exemples mettent en outre en lumière le fonctionnement de son atelier de Wittenberg, dont la fabuleuse productivité contribua grandement à son succès.

La vidéo offre un large aperçu de l’exposition et inclut un entretien en anglais avec son commissaire, Guido Messling. Ce dernier nous informe sur la création et la mise en place de l’exposition et nous éclaire sur les raisons pour lesquelles de nombreux peintres ont été de grands admirateurs de Cranach, Picasso étant cité comme exemple. La vidéo présente également l’exposition en images et comprend des explications plus détaillées de certaines œuvres.

L'exposition

L’exposition suit la chronologie et s’ouvre par les premières créations connues de Cranach, réalisées à Vienne autour de 1500. Dans cette section, les oeuvres expressives de cette période sont mises en comparaison avec les gravures sur bois du grand maître Albrecht Dürer, tandis qu’une sélection d’oeuvres d’Albrecht Altdorfer et de Jörg Breu illustrent le rôle capital joué par Cranach dans le développement de « l’école du Danube ».

La section suivante est consacrée à la période qui suit l’entrée en fonction du peintre, en 1505, à la cour des princes électeurs de Saxe. Parmi les premières oeuvres créées à Wittenberg se distinguent une série de gravures sur bois impressionnantes tant par la technique que par les thèmes traités et qui dénotent l’émulation de l’artiste avec Hans Burgkmair et, à nouveau, Dürer. Cette partie de l’exposition se penche également sur la rencontre de Cranach avec l’art des Pays-Bas et d’Italie, en l’illustrant entre autres d’oeuvres de Quentin Metsys, Barend van Orley et Francesco Francia. Diverses représentations de l’héroïne et parangon de vertu Lucrèce, qui mettent particulièrement en évidence ces connexions, ménagent une transition vers la troisième section.
Dans cette section thématique est présenté un ensemble d’œuvres qui a, plus que nul autre, façonné l’image que nous avons de Cranach : ses nus féminins. Des oeuvres de Jacopo de’Barbari, Lucas de Leyde, Dürer et d’autres composent ici le cadre de référence des interprétations de l’artiste allemand, originales tant dans le fond que dans la forme. On est surpris par l’étendue thématique de ces inventions, mais aussi par leur extraordinaire succès, auquel leur mélange d’érotisme et de moralisme didactique n’est certainement pas étranger.

La dernière section, enfin, traite d’une période, celle de la Réforme, dont notre imagerie est fortement tributaire des tableaux de Cranach. Portraiturant tour à tour Luther, ses partisans et ses détracteurs, le peintre a servi les deux camps confessionnels ; de la même manière sont mis en parallèle les nouveaux tableaux didactiques, illustrant les dogmes protestants, de Cranach et des commandes émanant de membres de l’ancienne Église, traitant de sujets conventionnels. C’est aussi à cette époque que se répandent les thèmes iconographiques du pouvoir des femmes (Weibermacht), dont certains seront pour la première fois transposés en peinture par Cranach.

L’exposition rassemble une cinquantaine de tableaux de Cranach, un grand nombre de ses dessins les plus remarquables et une quarantaine de gravures, dont il ne subsiste plus, pour certaines, que l’exemplaire exposé. Outre des chefs-d’oeuvre célèbres comme la « Crucifixion » de Vienne peinte vers 1500, le plus ancien tableau connu de Cranach, ou son « Martyre de sainte Catherine » conservé à Budapest, on peut y admirer de nombreuses peintures qui n’ont été que rarement, voire jamais, montrées dans des expositions temporaires, notamment le triptyque du duc Georges le Barbu, daté de 1534, qui se trouve depuis le XVIe siècle à la cathédrale de Meissen.

Une cinquantaine d’oeuvres d’autres artistes viennent compléter et éclairer cette présentation.
Quelque 50 collections publiques et privées ont accepté de prêter leurs trésors, parmi lesquelles des institutions aussi renommées que les Musées royaux des Beaux-Arts et la Bibliothèque royale de Bruxelles, le Koninklijk Museum voor Schone Kunsten d’Anvers, le Szépmüvészeti Múzeum de Budapest, la Gemäldegalerie de Berlin, le Kupferstichkabinett de Berlin, la Gemäldegalerie de Dresde, l’Alte Pinakothek de Munich, le Kunsthistorisches Museum de Vienne, le Louvre de Paris, le British Museum de Londres, le Metropolitan Museum de New York, la National Gallery de Washington, le Rijksmuseum d’Amsterdam, la Mauritshuis de La Haye, la Národní Galerie de Prague, le Muzeum Narodowe de Varsovie et le Statens Museum for Kunst de Copenhague.

Pratique

Palais des Beaux-Arts
Rue Royale 10
1000 Bruxelles
Dates
20.10.2010 > 23.01.2011
Heures d’ouverture
De mardi à dimanche, 10:00 > 18:00
Jeudi, 10:00 > 21:00
Fermé le lundi
Tickets
€ 10,00 : prix plein
€ 8,00 : +60 ans / groupes / -26 ans
€ 5,00 : demandeurs d'emploi / écoles
€ 9,00 : MYBOZAR
Accès libre : -12
BOZAR info & tickets
+32 2 507 82 00 – info@bozar.be - www.bozar.be


pierre aimar
Mercredi 13 Octobre 2010
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