Marja Bosma présente une version adaptée de cette exposition y intégrant notamment une « chambre d’amis » dans laquelle prennent place les artistes de sa famille et de son cercle illustrant la situation de Charley Toorop, à la croisée des chemins de la modernité.
L’exposition comprendra environ 110 oeuvres : 85 de Charley Toorop et d’autres, de différents artistes, amis ou proches : Bart van der Leck, Fernand Léger, Piet Mondrian, Gerrit, Rietveld, Ossip Zadkine, Jan Toorop, Edgar Fernhout, John Raedecker, Pyke Koch, Henk Chabot, Joris Ivens, John Fernhout et Eva Besnyö.
Après des débuts placés sous le signe du luminisme, puis d’un expressionnisme d’une tonalité sombre, l’artiste atteint vers 1927 sa pleine maturité artistique s’inscrivant alors dans le courant de la nouvelle objectivité qu’elle approfondira de manière singulière jusqu’à sa mort en 1955. Foncièrement réaliste, elle conserve de ses débuts marqués par le symbolisme et le premier Van Gogh, l’exigence d’un « regard
inspiré » dans la transposition picturale de la réalité. Dans les portraits de groupes, ceux des artistes de son cercle ou des paysans de Zélande, aussi bien que dans son impressionnante série d’autoportraits ou de portraits de commande auxquels la crise économique la contraint, la figure humaine s’impose avec une incroyable force plastique. Marqué par une grande sensibilité sociale et des valeurs qui lui feront refuser de collaborer à l’organisation mise en place pendant l’occupation des Pays-Bas, le réalisme de Charley Toorop est autant en prise avec l’époque que parti prenant de la modernité.
L’artiste fait montre d’une totale ouverture d’esprit: surtout pas de principes hormis la qualité des oeuvres. Amie de longue date et collectionneuse - de Piet Mondrian, proche de Bart van der
Leck, elle fait aménager sa maison par Gerrit Rietveld. Elle n’en est pas moins amie de Henk Chabot, représentant d’un expressionnisme aux thèmes vernaculaires, comme du sculpteur John Rädercker qui développe à partir du cubisme une oeuvre très personnelle.