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18 mai > Dambë & Concert d'un homme décousu à Bonlieu Scène nationale Annecy

chorégraphie Salia Sanou et Seydou Boro


18 mai > Dambë & Concert d'un homme décousu à Bonlieu Scène nationale Annecy
Rencontre saisissante avec deux figures phares de la danse contemporaine venues du Burkina Faso. L’un après l’autre, Salia Sanou et Seydou Boro nous livrent leur univers artistique en dansant en solo en compagnie de cinq musiciens ou d’une chanteuse. À entendre, les sonorités de l’homme tissé de plusieurs fils. À percevoir, le corps d’un récital de vie. Un diptyque de danse inouï sur l’être aujourd’hui.

Créée il y a 15 ans, la compagnie Salia nï Seydou porte le renouvellement de la danse de création en Afrique. Signes distinctifs ? Une interaction permanente entre musique et danse, des chorégraphies ni africaines ni occidentales mais littéralement actuelles. Chacun à leur tour et d’une façon très personnelle, les deux chorégraphes exposent le corps aux questions et inventions de la musique et du chant. Les deux pièces parlent d’identité et de comportement, faisant entendre l’homme contemporain dans sa complexité, ses métissages et ses contradictions. Sur un plateau nu, encadré d’ampoules de couleurs suspendues, Concert d’un homme décousu, solo de Seydou Boro, nous conduit dans l’un de ces cafés musicaux très populaires en Afrique de l’Ouest. Ici, on entend du fado, de la salsa, du flamenco et d’autres musiques venues de différentes régions du monde. Entre les musiciens, le danseur se meut tel un être « tissé de fils différents » qui a du mal à avancer. On dirait que chacun des instruments le retient et le révèle, façonne le poids et la gravité de son corps en même temps qu’il l’affecte dans sa mobilité. Il est une masse corporelle frénétique et lancinante qui remue et chante au rythme de l’afro-beat. Autre état du corps, Dambë, solo de Salia Sanou, s’installe dans les parages du Koteba ou grand escargot - spectacle total mêlant théâtre, danse et chant, hérité de la tradition malienne - en convoquant Maaté Keita, l’une de ses plus belles voix. Sur scène, la chanteuse guide et interpelle le danseur. Celui-ci pourrait être une simple enveloppe de peau que la voix gonfle d’énergie, lui insufflant une respiration particulière. Elle est un corps qui prend forme au-delà des cadres du temps et de l’espace dans une danse instinctive. Deux solos aux résonances tribales et actuelles qui déploient l’être dans toutes ses dimensions.

mardi 18 mai à 20h30
dans la petite salle
tarif C
durée 1h45


bsn@bonlieu-annecy.com
Lundi 3 Mai 2010
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