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17.12.10 au 10.04.11 : Palais Farnèse. De la Renaissance à l’Ambassade de France à Rome

Du 17 décembre 2010 au 10 avril 2011, à Rome, le Palais Farnèse sera ouvert au public pour une exposition exceptionnelle intitulée « Palais Farnèse – De la Renaissance à l’Ambassade de France ».


Palazzo Farnese, dessin de Giuseppe Vasi (1710–1782)
Palazzo Farnese, dessin de Giuseppe Vasi (1710–1782)
Un ensemble de 150 oeuvres (dessins, sculptures, peintures, objets d’art) feront ainsi revivre cinq siècles à travers l’histoire du Palais : des fastes de la famille Farnèse, au XVIe siècle, jusqu’aux 135 dernières années, où le Palais fut le siège de l’Ambassade de France en Italie et de l’Ecole française de Rome. Une importante sélection d’oeuvres de la collection Farnèse reviendra dans le lieu où elle fut constituée grâce à la passion de la famille Farnèse.

L’exposition « Palais Farnèse – De la Renaissance à l’Ambassade de France » est née de la volonté de Jean-Marc de La Sablière, Ambassadeur de France en Italie. Elle est réalisée en collaboration avec le Ministère de la Culture italien. Francesco Buranelli, Secrétaire de la Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise, et Roberto Cecchi, Secrétaire général du ministère de la Culture italien, en sont les commissaires.

Pour cette exposition, le Palais ouvrira ses portes, sur réservation uniquement, et accueillera le retour du Museum Farnesianum : les salles des empereurs et des philosophes seront recréées et les célèbres Daces prisonniers reprendront, pour l’occasion, leur place aux côtés de la statue d’Apollon en porphyre, dite à l’époque Roma triumphans, et de l’Atlas. Grâce aux nouvelles technologies, la cour sera repeuplée virtuellement des silhouettes imposantes de l’Atlas Farnèse, de l’Hercule Latin et du Taureau Farnèse. Les prêts généreux de la magnifique collection du Musée archéologique national de Naples ont permis le retour de ces oeuvres.

Parmi les meubles les plus importants, on notera le cabinet de travail du Musée d’Ecouen, meuble précieux conçu pour contenir la collection de monnaies et de camées des Farnèse. Des tapisseries venant du Quirinal, prêtées par la Présidence de la République italienne, ainsi que du château de Chambord, reprendront place dans les salons de l’étage noble, de même que les céramiques de la Renaissance. Le Portrait du Pape Paul III du Titien, Le Christ et la Cananéenne peint par Annibal Carrache pour la chapelle privée du cardinal Odoardo, les oeuvres de Sebastiano del Piombo, du Carrache, d’El Greco, témoigneront de la richesse de la collection de peintures à nouveau exposée dans la Galerie nord-est.

La collection des dessins préparatoires d’Annibal Carrache (provenant, notamment, du Musée du Louvre) et les fresques du Palais Fava de Bologne illustreront la conception de la fameuse galerie des Carrache. La plupart des peintures citées proviennent du Musée de Capodimonte de Naples, et des galeries de Parme et de Bologne.
Cette exposition se proposera de faire revivre les histoires entremêlées des papes, des cardinaux, des rois, des ambassadeurs, des artistes qui, cinq siècles durant, vécurent et se croisèrent au Palais Farnèse, contribuant à en faire un lieu exceptionnel et vivant.

Brève histoire du Palais Farnèse

Le Palais Farnèse a été voulu par Alexandre Farnèse (1468-1549), qui allait devenir en 1534 le pape Paul III. A peine fait cardinal, à 25 ans, il commence à acheter les terrains sur lesquels il va demander à Antonio de Sangallo le Jeune de construire à partir de 1514 le Palais Farnèse. La place qui s’étend devant sa façade s’orne de deux vasques monolithes provenant des thermes de Caracalla et montées en fontaines. Il s’agit aujourd’hui d’un des lieux les plus connus de Rome.
Le portail de la majestueuse façade laisse entrevoir la fameuse cour du Palais, et le soir, derrière les fenêtres illuminées de l’étage noble, on devine les couleurs vives des fresques de la salle des « Fastes farnésiens ».

L’exposition permet d’ouvrir à un large public ce palais considéré comme l’une des quatre merveilles de la ville :
« …c’est un grand Palais qui se moque de quiconque le critique : colossal, imposant, magnifique, mis en valeur par une noble place et des fontaines avec des vasques de granit : c’est une des merveilles de Rome à qui on donne, à cause de sa forme carrée, le surnom de Dé Farnèse... » (Giuseppe Antonio Guattani, 1805).
En 1546, Michel-Ange Buonarroti commence à y travailler. Il s’agissait d’achever le Palais et « …le Pape voulait la plus belle et la plus riche corniche qui eût jamais existé ; les plus talentueux artistes romains se mirent à dessiner des corniches … ». Le grand artiste relève le défi et termine le dernier étage, en le couronnant de la célèbre corniche de marbre où l’on retrouve les lys farnésiens, il conçoit la grande fenêtre avec loggia sur la façade de l’étage noble et termine par l’élévation de la cour.
Francesco Salviati et Taddeo Zuccari se succèdent, autour de 1560, pour décorer le grand salon des Fastes farnésiens avec un cycle de peintures à fresque exaltant le rôle pacificateur de Paul III et les actions de son grand-père Ranuccio Farnese ; les références à des faits héroïques et mythologiques sont nombreuses.
En 1592, après la mort du « grand cardinal » Alexandre (1520-1589), petit-fils du pape Paul III, qui s’est attaché à achever le Palais et à compléter sa collection, le cardinal Edouard (1573-1626), âgé de 17 ans, devient le maître de maison et charge aussitôt Annibal Carrache de la décoration du bureau privé (dit Camerino d’Hercule) dont la voûte comporte la peinture emblématique d’Hercule au carrefour (ramenée pour l’occasion du Musée de Capodimonte de Naples). Sur la voûte de la Galerie des Carrache (1597-1608) sont narrés les amours des dieux, culminant dans le cadre rapporté central qui illustre le Triomphe d’Ariane et de Bacchus.

Tandis que les murs du Palais se recouvrent de formes et de couleurs extraordinaires, le Pape et ses petits-fils cardinaux engagent une intense activité de collectionneurs. Si les fouilles de Rome représentent une source intarissable de statues, d’inscriptions, de monnaies, de bijoux, le mécénat cultivé et passionné des Farnèse commande ou achète les oeuvres des grands artistes de l’époque, de Raphaël à Sabastiano del Piombo, de Titien à El Greco, formant une pinacothèque exceptionnelle.

Vers le milieu du XVIIe siècle, les intérêts de la famille Farnèse se déplacent de Rome à Parme, vidant peu à peu le Palais Farnèse d’une grande partie de ses collections. Seule la collection d’antiquités reste à Rome, indissolublement liée à la ville par les dispositions testamentaires du grand cardinal Alexandre. Mais celles-ci ne sont pas respectées par son héritier légitime : le roi Charles III de Bourbon (fils de Philippe V de Bourbon et d’Elisabeth, dernière des Farnèse) transfère définitivement à Naples toutes les collections Farnèse en 1734.

Le 27 juin 1874, le marquis de Noailles, diplomate français, obtient de François II, dernier roi des Deux-Siciles, en exil à Rome, de louer une partie de l’édifice pour installer l’ambassade de France dans la nouvelle capitale italienne. En 1875, l’Ecole Française de Rome, Centre de recherches et bibliothèque, s’installe au dernier étage du Palais. Acheté par la France en 1911, celui-ci est revendu à l’Etat italien en 1936. La même année, les deux Etats signent un accord intergouvernemental qui prévoit la location des deux ambassades, italienne à Paris et française à Rome, pour une durée de 99 ans contre un loyer symbolique.

Le palais Farnèse, dès l’installation de l’Ambassade dans ses murs, est le témoin privilégié de la riche histoire des deux pays : libération de 1944, visites de chefs d’Etat, parmi lesquels le Général de Gaulle ou le pape Jean-Paul II, rencontres politiques de très haut niveau etc. Fidèle à sa promesse de s’occuper du Palais, la France a pratiquement mené à bien la restauration de l’ensemble de l’édifice, en étroite collaboration avec les autorités italiennes. L’Ambassade accueille toute l’année de nombreuses personnalités italiennes et françaises dans le cadre de la relation bilatérale et organise de nombreux événements (réceptions, débats, événements culturels, festivals de musique, de théâtre et de cinéma etc.).
L’Ambassade rend le plus possible le Palais accessible au public, notamment au travers de visites guidées.
Cet hiver, de manière exceptionnelle, le Palais Farnèse, dont les Romains eux-mêmes disent qu’il est l’un des plus beaux palais de Rome, ouvre ses portes quatre mois durant afin de présenter sa vie du XVIe siècle à nos jours, des collections Renaissance de la famille Farnèse au siège de la représentation diplomatique française en Italie.

Pratique

Palazzo Farnese, Via Giulia, 186

Modalités des visites Par groupe de 25 à 30 personnes toutes les 10 mn.
Samedi, dimanche et tous les jours du 25 décembre 2010 au 9 janvier 2011, visite du bureau de l’Ambassadeur
Horaires
Fermeture de la billetterie une heure avant.
Lundi : 9.00 – 19.00
Mardi : Fermé
Mercredi : 9.00 – 19.00
Jeudi : 9.00 – 21.00
Vendredi : 9.00 – 21.00
Samedi : 9.00 – 21.00
Dimanche : 9.00 – 21.00
Du 25 décembre 2010 au 9 janvier 2011,
9h00 - 21h00 (dernière entrée : 20h00), sauf les 24 et 31 décembre (dernière entrée : 14h00)


pierre aimar
Jeudi 7 Octobre 2010
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