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16 mars au 18 avril, Robert Cahen, le souffle du temps au Jeu de Paume, Paris

L ’œuvre de Robert Cahen, vidéaste, réalisateur et compositeur de formation, est issue de la traversée des frontières entre les arts.


Sept visions fugitives, 1995 © Robert Cahen, ADAGP, Paris 2010
Sept visions fugitives, 1995 © Robert Cahen, ADAGP, Paris 2010


Images et musique
Ce chercheur à l’ORTF est devenu un pionnier dans l’utilisation des instruments électroniques, il traite les images comme les sons, les organise, les transforme, ouvrant les possibilités d’échange entre les modèles, les paramètres de l’image et ceux de la musique. Son travail est reconnaissable à cette manière d’explorer le son en relation avec l’image mais aussi de traiter les ralentis, qui rendent visible un « temps retenu », pour construire un véritable univers poétique. Juxtaposition d’images fixes et en mouvement, oscillation, multiplicité des points de vue, expérimentation physique de la vidéo dans l’espace constituent autant de
traits caractéristiques de son œuvre.

Une image malléable

Dès sa première vidéo, L’Invitation au voyage (1973), il manipule l’image et la rend malléable. En 1983, il réalise Juste le temps, fiction de 13 minutes considérée comme l’une des vidéos les plus importantes des années 1980.
Lauréat de la Villa Médicis Hors les murs en 1992, il a également remporté le Grand Prix du Videokunstpreis du ZKM de Karlsruhe pour Sept Visions fugitives, en 1995. Une partie de sa création s’inspire du travail d’autres artistes : ses vidéos sur l’art (Parti sans laisser d’adresse, sur Bernard Latuner, 1986), sur la musique (Répons de Pierre Boulez, 1985), sur la danse (La Danse de l’épervier de Hideyuki Yano, 1984, Parcelle de ciel de Susan Buirge, 1987, Solo de Bernardo Montet, 1988) ou sur la photographie (Dernier Adieu, sur Jean-Marc Tingaud, 1988), ainsi que son adaptation, avec Corps flottants (1997), du roman de Natsume Sôseki, Oreiller d’herbes.
Plusieurs des installations et mono-bandes de Robert Cahen ont rejoint les collections de
prestigieux musées en France et à l’étranger, tandis qu’il a réalisé, dans le cadre de la commande
publique, une installation vidéo permanente à Lille (allée de Liège, Euralille) en 1995.

La langue de l'enfance

Depuis plus de 20 ans, Robert Cahen travaille en vidéo sur le visible et l’invisible, sur l’image et la
mémoire, sur « l’inquiétante étrangeté ».
Chacune de ses oeuvres est une plongée silencieuse au coeur de paysages imaginaires vers des
territoires où nous n’avons plus accès. Apparitions, disparitions, temps suspendu, espaces et rythmes
inouïs, ralentis : il use avec un haut degré de perfection des techniques électroniques de l’image et du
son pour retranscrire la langue intérieure de l’enfance, ses jeux, ses rêveries, ses cauchemars et ses
ravissements. Car derrière son extrême élégance, souvent teintée d’humour, Robert Cahen se livre
avec angoisse et vertige au plaisir d’animer et de manipuler les choses et les êtres, comme à la
recherche d’un indéchiffrable secret. (Thierry Garrel, avril 1993)

Le passager du temps

Comme Nam June Paik, comme Bill Viola, comme tous les grands vidéastes, Robert Cahen prend la vidéo telle qu’elle est, et son oeuvre inventive en effectue joyeusement les puissances. Mais que peut-on demander à la vidéo? La réponse de Robert Cahen est aussi simple qu’ambitieuse : instaurer de nouveaux rapports entre le réel et l’image. Par sa formation musicale (il fut l’élève de Pierre Schaeffer), il était le mieux placé pour considérer les sons et les images avec des oreilles et des yeux neufs. Il agit en sculpteur, en compositeur, et dans son oeuvre la matière électronique, visuelleet sonore échappe à une stricte mimesis du réel.
Au programme, paysages, voyages, images, musiques-images...

Pratique

Auditorium du Jeu de Paume
1, place de la Concorde - 75008 Paris
Accès par le jardin des Tuileries,
côté rue de Rivoli
Renseignements : 01 47 03 12 50
auditorium@jeudepaume.org
www.jeudepaume.org
Tarifs : 3 euros la séance / gratuit sur
présentation du billet d’entrée aux expositions
(valable uniquement le jour de l’achat) et pour les abonnés.


Jacqueline aimar
Vendredi 26 Mars 2010
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