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16 avril au 22 août 2010, Willy Ronis, Une poétique de l'engagement, à la Monnaie de Paris

Afin d’honorer la volonté de Willy Ronis qui, dans les semaines précédant son décès - survenu le 11 septembre 2009 -, imaginait lui-même une grande exposition à Paris pour fêter son centenaire, le Jeu de Paume et la Monnaie de Paris se sont associés à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, pour concrétiser ce vœu de manière posthume.


Willy Ronis, Marché aux puces, 1948. Tirage argentique 40 x 30 cm © Ministère de la culture et de la communication
Willy Ronis, Marché aux puces, 1948. Tirage argentique 40 x 30 cm © Ministère de la culture et de la communication

Cinq grands axes pour l'exposition
« Mes photos ne sont pas des revanches contre la mort et je ne me connais pas d’angoisse existentielle. Je ne sais même pas où je vais, sauf au-devant – plus ou moins fortuitement – de choses ou de gens que j’aime, qui m’intéressent ou me dérangent. » Willy Ronis
L'exposition « Willy Ronis » regroupe environ 150 photographies célèbres ou inédites, tirages d’époque et tirages modernes supervisés par le photographe –, extraites du fonds de la donation faite par Willy Ronis, à l'État Fançais en 1983. Elle s'organise autour de cinq grands axes : la rue, le travail, le corps les voyages, et sa propre biographie.

Avoir confiance en l'homme

De nombreux clichés de Willy Ronis – à l'instar de ceux d’autres photographes de sa génération, comme Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Izis, René-Jacques et d’autres – contribuent activement à l’élaboration du récit humaniste qui se développe après la Seconde Guerre mondiale. Ce courant de pensée s’était donné pour mission tacite de rétablir la confiance dans la bonté intrinsèque de l’être humain, et d’en faire le centre et la mesure de toute réflexion politique et sociale. Or, si ce courant ne se limite pas à la France, le discours humaniste de l'époque y prendra la forme d’un récit identitaire puissant, que ce soit au cinéma ou en littérature (et bien sûr en photographie), moins comme un genre spécifique que comme un forme narrative où chaque mode de fiction est parfaitement codifié en fonction des personnages, des décors et des gestes, et ce jusqu’à nos jours.
Ainsi l’anecdote, la parodie, la tendresse, le raffinement visuel, font partie des recours narratifs à la fois
refuges et justifications de la photographie humaniste – mais aussi d’une certaine littérature et d’un
certain cinéma. Les rues de Paris, ses quartiers populaires, les badauds, les enfants, les scènes quotidiennes ou champêtres, le repos dominical : autant de toiles de fond sur lesquelles les photographes conjuguent la poésie avec une volonté sincère de « changer le monde ».
Il est certain que parmi les image les plus connues de Willy Ronis, beaucoup relèvent de ce regard
porté sur la vie de tous les jours pour élaborer des micro-récits à partir de personnages et de situations
ayant pour cadre la rue.
Aujourd’hui, ces images – désormais érigées en « monuments » de l’histoire de
la photographie – trahissent moins l’existence d’un instant donné qu’une façon particulière de
représenter l’utopie de l’unanimité humaniste : s’extasier devant la réalité et observer la fraternité des
peuples.

Pratique

Monnaie de Paris
11 Quai de Conti
75006 Paris
Téléphone : 01 40 46 56 66
Horaires d’ouverture :
Mardi à dimanche : 11h-19h
Jeudi (nocturne) : 11h-21h30
Fermeture le lundi et le 1er mai
Tarifs :
Plein tarif : 7 euros
Tarif réduit : 5 euros
www.monnaiedeparis.fr


Jacqueline aimar
Vendredi 26 Mars 2010
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