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15.9 au 15.10.10. Entre [Elle( s )], Pauline Bétrancourt, Anne Lise Broyer, Magali Latil, Sophie Menuet, Marie Thébault à Arteum, musée d’art contemporain, Chateauneuf le Rouge

Artéum musée d’art contemporain et Voyons voir art contemporain et territoire présentent l’exposition entre [elle(s)] dont le propos réside dans le désir de croiser et rencontrer les pratiques et les regards de cinq artistes féminines.


A priori, rien de très original, cela s’est fait et se refera au fil du temps. Néanmoins ce que chacune revendique ce n‘est pas son appartenance au même genre mais plutôt une approche attentive du paysage et de ce qui le constitue. Il est question de territoires singuliers à définir et à explorer comme l’on déroule le fil d’Ariane pour découvrir des univers fantasmatiques, des mondes imaginaires, des monts et des merveilles. Le fil est ténu, le pli délicat, la couture fragile, le point oublié ou compté laisse transparaître le blanc, l’oubli, le dissimulé.
Sous la surface arasée, le relief égratigné cache ce qui ne peut ou ne sait se dire. Le dessin trace et efface, il accuse parfois et griffe comme une légère blessure. Les formes affirment ou se diluent, la couleur pénètre là où le regard s’évade.
Pauline, Anne Lise, Magali, Marie, Sophie fredonnent et jouent une partition à dix mains, [elles ] investissent les salles, le corridor, chorégraphient les murs, brodent les plafonds, explorent les coins et les creux, inventent une carte du tendre dans laquelle les règles sont incertaines et floues. Elles se rejoignent au hasard d’un angle, d’une courbure, d’une lacune. La transparence et les jeux de lumière à l’échancrure d’une fenêtre accrochent le regard, laissent filer le songe. Dans l’entre-vision la forme illusoire ou réelle d’une montagne chère s’évanouit dans l’opalescence du soleil de midi, de minuit.
Ariane tient le fil de Pénélope qui tisse le voile de l’attente et de l’espoir sur le métier inlassablement recommencé. Magali croise et unit les limites, réduit la fuite à la marge, Sophie condense la forme, la corsette puis la laisse s’épancher dans les silhouettes d’un théâtre d’ombre. Anne Lise efface, amenuise, renforce, dilue l’ombre dans la lumière et la lumière dans l’ombre. Marie invente une mythologie féérique et mystérieuse, Pauline assigne à la peinture une intensité dramatique dans des formes énigmatiques au charme étrange et ambigüe.

En avant premières des journées du Patrimoine, cette exposition est un contrepoint à la proposition de découverte des trésors inaperçus ou inattendus des architectures de bastides du Pays d’Aix et invite à pénétrer dans l’atmosphère surannée et insolite du Musée Arteum.
En suivant la rampe, en montant les étages « O, vous qui passez sans me voir », osez une incartade et vous serez séduit, puis en quittant les lieux poursuivez votre chemin pour découvrir les œuvres d’Anne Lise Broyer résultant de sa résidence d’été au domaine viticole de Saint Ser à Puyloubier.

Vernissage : mercredi 15 septembre à 18h30
Exposition : du 15 septembre au 15 octobre 2010, du mercredi au samedi de 14h à 18h à Arteum, musée d’art contemporain, Chateauneuf le Rouge


pierre aimar
Mardi 31 Août 2010
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