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13 juin au 20 septembre 09, Rodin, Les arts décoratifs, Palais Lumière à Evian. [Jacqueline Aimar]

168 œuvres présentées lors de cette exposition dans le cadre soigné du Palais Lumière d’Evian, dont la plupart jamais présentées et d’autres au contraire très connues tel Le Baiser, ou Le Penseur, La Porte de l’Enfer, proposées ici sous leur aspect décoratif.
Pourquoi le choix de cet angle de vision ?


Rodin avait travaillé, à Evian, avec Braquement à la création d’un luxueux miroir à main

En raison de la présence à Evian de la villa La Sapinière, construite à la fin du XIXe siècle pour la famille d’un amateur d’art fortuné, le baron Joseph Vitta. L’endroit renferme un ensemble décoratif conçu et réalisé entre1892 et 1897 par plusieurs artistes et décorateurs, notamment Félix Braquemont, Alexandre Charpentier, Jules Chéret, Albert Besnard et Alexandre Falguière.
Rodin avait lui aussi participé à cette entreprise, travaillant avec Braquement à la création d’un luxueux miroir à main et réalisant pour le baron Vitta le décor du vestibule de la villa , constitué de deux larges tympans en bas-relief et de deux imposantes jardinières.
La qualité et l’originalité de ces œuvres méconnues amènent à réexaminer dans la carrière de Rodin, la part de sa production décorative et l’importance du caractère ornemental de certaines réalisations.
L’exposition au Palais Lumière d’Evian donne ainsi l’occasion d’étudier la place de Rodin dans l’univers des arts décoratifs et de la décoration monumentale, à une époque qui multiplia les échanges entre des domaines artistiques d’ordinaire cloisonnés. N’oublions pas que Rodin a vécu l’évolution très rapide et très profonde du contexte politique, social, industriel et bien sûr artistique de son temps. Il a aussi profité de la politique volontariste de la IIIe République en ce qui concerne le développement conjoint de la production artistique et industrielle.
L’artiste a également manifesté une grande curiosité à l’égard des matériaux dans lesquels ses œuvres pouvaient être traduites, soucieux de faire varier l’aspect de surface de ses sculptures. C’est ainsi qu’il a intégré des techniques venant des arts décoratifs à ses moyens créatifs : grès, pâte de verre, patines aux tons variés. Il a également fait patiner ses bronzes et s’est adjoint les services de spécialistes des arts du feu. Cette façon de revisiter ses propres œuvres en particulier La Porte de l’enfer trouve une autre forme dans le changement d’échelle ou de forme artistique ; il envisage aussi de certaines œuvres sous la forme de petits bas-reliefs décoratifs.

L’exposition bénéficie d’une scénographie réalisée par Frédéric Beauclair, caractérisée par la volonté d’alléger au maximum la présentation ; pour cela les œuvres sont placées sur des passerelles ajourées reposant au sol le moins possible. Cela permet le regroupement des sculptures par section selon le discours scientifique. Il s’y ajoute une signalétique verticale, sobre et lumineuse. Pour un éclairage plus ponctuel, des plafonds étroits accompagnent parfois les œuvres de petite taille.
Trois œuvres en plâtre inédites, dont la destination est inconnue mettent un terme à l’exposition. Mystérieuses, elles montrent qu’il reste encore beaucoup de recherches à mener sur les cas de traduction d’œuvres de Rodin dans la dernière partie de sa carrière.
Jacqueline Aimar

Du 13 juin au 20 septembre, 04 50 83 15 90


pierre aimar
Jeudi 21 Mai 2009
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