Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




13/09 au 10/10/08 - Lyon, Galerie Michel Estades : Bernard Buffet, lithographies

Bernard Buffet (1928 – 1999) a été consacré comme un des 10 meilleurs peintres de l'après-guerre par referendum organisé par le magazine Connaissance des Arts. La série des clowns est la plus célèbre et son œuvre lithographique est remarquable. A découvrir à Lyon.


13/09 au 10/10/08 - Lyon, Galerie Michel Estades : Bernard Buffet, lithographies
« Il était évident que grâce à un dessin à la personnalité exceptionnelle, Bernard Buffet devait aborder rapidement la gravure sur cuivre et la lithographie. La première planche lithographiée "Les Chardons" date de 1952 ; jusqu’en 1958, il n’exécutera qu’une quinzaine de sujets avec cette technique. C’est à l’occasion d’une exposition rétrospective de son oeuvre à la Galerie Charpentier que j’ai fait la connaissance de Bernard Buffet ; une profonde et durable amitié s’est nouée entre nous, et depuis lors j’ai été le témoin de l’exécution de tout son oeuvre lithographié.

Bernard Buffet est un passionné, son art c’est sa vie, aussi n’entreprend-il que rarement la réalisation d’un seul sujet. Il aime travailler plusieurs planches à la fois, les réunissant fréquemment en album comme ce fut le cas pour « Paris », « New York », « San Francisco », « Les Toréadors » ou « La Révolution Française ».
S’il entreprend un livre, il faut que cet ouvrage soit à la démesure de cet infatigable créateur, comme « Mon Cirque ». Cet ouvrage fut terminé en mai 1968, époque où nous nous retrouvions seuls dans les ateliers Mourlot désertés par les ouvriers ; insoucieux des événements, il s’ingéniait pour venir à l’imprimerie malgré les soulèvements qui avaient lieu dans Paris et pendant lesquels traverser la capitale sans moyen de transport constituait une aventure. Il n’était guidé, comme toujours, que par le seul besoin de travailler.

Lorsque Bernard Buffet vient nous voir, tous les compagnons sont heureux de collaborer avec lui car son acharnement au labeur le font respecter comme un artisan semblable à eux. Ils savent pourtant que les journées seront dures car l’artiste aime voir immédiatement le résultat de son travail. Sa fièvre de création est si intense qu’il la communique à ses essayeurs et Georges Sagourin, son pressier attitré, se fait un plaisir de satisfaire et même de devancer ses moindres désirs. Bernard Buffet n’est pas un démonstratif, mais il sait avec infiniment de pudeur et de gentillesse témoigner sa reconnaissance. A la fin de « Mon Cirque », on trouve le portrait de « Jojo » Sagourin en clown, en regard de l’illustration on peut lire : « Le clown Jojo, lui, c’est un du métier et il l’aime, c’est un clown, un vrai. Merci ». (...)

S’il en était besoin, nous découvririons dans l’ensemble des lithographies de Bernard Buffet la diversité de son inspiration et la puissance de son style. Il est remarquable de constater que son écriture et sa signature portent déjà en elles-mêmes l’accent de son graphisme si particulier. Il est un des rares artistes contemporains à pouvoir aborder tous les thèmes, en nous les restituant à travers sa vision exceptionnelle. Cette transcription plastique devient d’une telle évidence que nous ne pouvons plus dès lors regarder certains paysages ou certains édifices sans y associer immédiatement son nom, c’est pourquoi ses oeuvres touchent un si grand public. Il est le représentant d’un certain aspect de notre époque et en restera un des témoins. Il peut également reprendre de grandes compositions d’histoire comme « La prise de la Bastille », « La Bataille de Valmy » ou « La prise des Tuileries », gageur que personne n’ose plus tenter de nos jours.
(...)

Pour Bernard Buffet seul l’atelier compte, qu’il y fasse de la gravure ou de la peinture, il y travaille, sans relâche, parfois douze heures par jour, guidé par un impérieux besoin de création. Il préfère vraisemblablement les louanges aux critiques acerbes, mais ne semble en tenir aucun compte ; suivant la ligne qu’il s’est tracée avec une heureuse obstination, il sait avoir raison ; pour le reste comme il écrit en conclusion de « Mon Cirque » : « LA VIE CONTINUE ».

Bernard Buffet lithographe, Charles Sorlier, Editions Michèle Trinckvel Draeger, Paris, 1979

Pratique

Galerie Michel Estades – 61 quai St Vincent – 69001 LYON – 04.78.28.65.92
galerie.lyon@estades.com
www.estades.com
du mardi au samedi – de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h00


pierre aimar
Samedi 30 Août 2008
Lu 1394 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 198










Inscription à la newsletter