Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




12 septembre au 21 novembre, Delphine Balley, galerie le Réverbère, en résonance avec la Biennale de Lyon

Une aventure du docteur Williams, inventeur de la pilule Pink pour personnes pâles, et en épilogue : « Estouffade sauce aux truffes », 2008


Notre bon docteur Williams est décédé à Ribérac le 17 avril 1920, trop tôt disparu à l’âge de 71 ans.

Le docteur Williams et les ombrelles volantes ou l’invisible quotidien
Le docteur Williams et les ombrelles volantes ou l’invisible quotidien
De lui nous savons si peu.
Originaire de Brighton, il arriva à Bordeaux à l’aube de ses 20 ans, recueilli, le temps de sa Faculté, par une vieille tante, sa seule famille.
De lui, cependant, nous garderons en mémoire tant de souvenirs. Celui d’un homme distingué, arrivé dans notre communauté le 1er mars 1887, portant encore le deuil de son épouse, récemment décédée, celui du père aimant de sa jeune Gloria, « ma fidèle petite », comme il aimait à l’appeler, celui du savant illustre, du chercheur insatiable mais aussi du médecin respectable, dévoué aux autres que vous êtes si nombreux à être venus saluer aujourd’hui.
Pour soigner ses concitoyens, ce professionnel infatigable bravait tous les temps, sur toutes les routes,
jusqu’aux endroits les plus reculés de La Double qu’il connaissait à double titre. Ce fin tireur, passionné
de chasse, connaissait le gibier local mieux que quiconque.
Je le revois encore, le visage radieux, faisant claquer ses bottes lorsqu’il traversait la place, fier comme un lion, bécasses et lièvres dépassant de sa besace, la petite Gloria le suivant, les cheveux ébouriffés.
Son goût pour les séances de spiritisme, les expériences qu’il mena sur certaines personnes au nom de la science, constituent son jardin secret que nous nous devons de respecter.
Mais il est certain que notre tristesse en ce jour rejoint celle des pauvres créatures qu’il recueillit en son
hospice, veillant sur elles, leur apportant le secours de son savoir et le bénéfice de ses audaces. (de sa
curiosité ?)
Sa fille Gloria, dont nous regrettons l’absence aujourd’hui, nous a fait parvenir cette missive que je vais
vous lire avant de nous recueillir pour un dernier hommage.
« Maman est partie la première, je n’avais pas 5 ans, mon petit papa a toujours étouffé son chagrin devant moi.
La mort de maman me fut ainsi rendue plus douce.
Finalement, ce qui changea le plus pour moi dans notre nouvelle vie à Ribérac, fut de me retrouver si
souvent seule dans notre grande maison.
Papa, comme vous le savez, était médecin et un médecin de campagne est toujours sur la route…
Il se rendait parfois jusqu’à St Astier, et au plus profond de la forêt de la Double, soigner les habitants des
bois. Les Doubleaux comme on les nomme ici.
Les fins de semaine, La Double devenait son territoire de chasse.
Je me souviens de la première fois qu’il m’y a emmenée, l’année de mes 7 ans, l’âge de raison m’avait-t-il expliqué.
Au début le collier de cuir me gênait, et papa tirait fort sur la chaîne quand il suivait une piste.
Les griffures de ronces me blessaient, les morsures de moustiques me démangeaient mais je retenais toute plainte car Papa était tellement heureux dans ces moments-là qu’il était impensable de le déranger par mes jérémiades ou d’alerter les bécasses par mes gémissements.
En grandissant, je devins plus agile, ma peau s’épaississait, je devenais insensible aux blessures de la
forêt. J’appris à repérer le gibier avant lui, et c’est moi qui donnais le signal de la traque.
On était bien ensemble avec papa à courir au grand air, rien que nous deux.
Maintenant, c’est autre chose, il m’a laissée toute seule.
Seule, mais dans Ma Double chérie où l’on prend soin de moi, où le souvenir de mon cher papa allège
mon chagrin.
Je vous remercie tous de rendre ce dernier hommage à mon père bien aimé. »
Gloria.
17 photographies noir et blanc réalisées à Ribérac (« L’Art en Dordogne ») en 2008

Galerie Le Réverbère
Catherine Dérioz
Jacques Damez
38, rue Burdeau 69001 LYON
+33 (0)4 72 00 06 72
+33 (0)6 08 55 91 78
galerie-le-reverbere@wanadoo.fr
www.galerielereverbere.com

En Résonance avec la Biennale de Lyon
Du 12 septembre au 21 novembre 2009, du mercredi au samedi, de 14h à 19h et sur RDV.
Ouverture le samedi 12 septembre 2009, de 14h à 21h, en présence de la photographe.
Vernissage pro le lundi 14 septembre 2009 de 18h à 21h
avec la galerie José Martinez, La salle de bain et le Stand
Delphine Balley
Une aventure du docteur Williams, inventeur de la pilule Pink pour personnes pâles,
et en épilogue : « Estouffade sauce aux truffes », 2008
L’album de famille - Épisode du Cache-mari, 2009


pierre aimar
Mercredi 2 Septembre 2009
Lu 396 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 199





Inscription à la newsletter