Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)




12 juin au 11 juillet 2010, Philippe Chitarrini, Gorgônion Point 5 "ARCHÉOLOGIA", VIP ART Galerie, Marseille

Lorsqu'en 2002 je commence mon travail sur les empreintes digitales à travers ma série baptisée X études pour un portrait de Gorgô (présentant des relevés d'empreintes digitales d’artistes contemporains intercalées avec ceux d’anonymes préhistoriques), je transpose au domaine des arts plastiques une partie des procédés et des techniques utilisés en archéologie. Milieu qui m’est familier, puisque ma formation scientifique initiale me conduisait à la paléontologie


"ARCHÉOLOGIA"

12 juin au 11 juillet 2010, Philippe Chitarrini, Gorgônion Point 5 "ARCHÉOLOGIA", VIP ART Galerie, Marseille
Philippe Chitarrini parle de son travail :

"Lorsqu'en 2002 je commence mon travail sur les empreintes digitales à travers ma série baptisée X études pour un portrait de Gorgô (présentant des relevés d'empreintes digitales d’artistes contemporains intercalées avec ceux d’anonymes préhistoriques), je transpose au domaine des arts plastiques une partie des procédés et des techniques utilisés en archéologie. Milieu qui m’est familier, puisque ma formation scientifique initiale me conduisait à la paléontologie.
Cependant, vite conscient que je ne pourrais pas échapper aux contraintes réductrices pour mes projets, je change d’orientation, réalise un troisième cycle universitaire en arts plastiques et décide, durant l’année 2000, de devenir plasticien. Ma rencontre avec Mario Merz qui m’encourage à prendre cette voie sera décisive.
Je développe alors une pratique instinctive et intuitive basée sur le dessin et la sculpture, que la lecture d’un texte de Julia Kristeva m’aidera à comprendre, à canaliser et à développer.

Considérant que l’art se doit de créer une nouvelle utopie, j’emprunte toutes les techniques disponibles aujourd’hui pour aborder, augmenter, dupliquer, fractionner l’espace qui nous entoure. Cette utopie, que je ne cesse de poursuivre en veillant à ce qu’elle ne bascule pas dans le domaine du mythe, je la bâtis à coup de formes et de figures posées dans cet espace. Un espace organique et fluide où les matières (soufre, charbon, terre, sel, cuivre, formol…) se transforment et interagissent sans cesse. Ainsi, traces, empreintes, cerveaux, yeux, arbres, fusées, pieux ou tumulus, composent un véritable alphabet métaphorique, peuplé quelquefois de petits animaux sauvages (Médiateurs), venus des profondeurs du temps.
Cet espace ne se définit pas dans les deux dimensions du tableau, voire dans les trois de la sculpture, pas plus que dans la quatrième dimension d’une durée mesurable. Mon temps ne s’égrène pas aux horloges et mon art ne s’inscrit pas dans un genre particulier.
Au contraire, mon effort se concentre sur le dépassement d’une approche chronologique de l’histoire et du temps. Tout m’apparaît indissociable, et contenu dans un grand tout qui constitue l’être.
Néanmoins, rejeter les catégories me permet, très spontanément, de les aborder toutes, de tenter une synthèse entre peinture, sculpture, dessin, photographie et architecture. Et de fait, par cette transgression des genres et des catégories, j’abolis les frontières, déplace les limites entre forme et informe, présentation et représentation, infiniment grand et infiniment petit, archaïsme et modernité.

Univers multiple, contradictoire, anachronique et en expansion, il reflète par ses caractéristiques, la complexité de l’être. L’univers est instable : à son image, l’homme évolue sans cesse et la matière organique qui le constitue, passe successivement de l’état vivant à l’état inerte, puis de l’état inerte à un nouvel état vivant.
Pour moi, l’art doit participer de cette dynamique perpétuelle, cyclique et incontrôlable.
Après avoir figé de mon regard méduséen (cf. Kristeva) traces et végétaux sous un conglomérat de petits cercles ou sous une carapace de billes minérales, je leur redonne vie en les plongeant dans un substrat filamenteux rouge sang ou en leur prêtant d’improbables conversations. Je tente ainsi de montrer que la mort, symbolisée par les Tumulus ou les Pétrifications, n’est pas un aboutissement, mais le début d’un éternel recommencement.
Face aux progrès technologiques qui nous ont conduits à la conquête spatiale, j’essaie de mettre en évidence le fait que notre cerveau aux capacités méconnues, semble le seul outil capable de nous aider à mieux comprendre les mystères de nos origines et du fonctionnement de notre pensée. La solution est en nous et les empreintes et autres fossiles, en tant que traces ontologiques, constituent un ensemble d’éléments à notre disposition pour y accéder.
Sans nostalgie aucune dans ma posture, je cherche à retrouver les sources de l’humanité en rétablissant le contact que nous avons perdu depuis trop longtemps avec la nature.
Dessiner, sculpter, photographier, là n’est pas le propos. Il s’agit avant tout de ressentir par tous les moyens les éléments et la matière, d’être à la fois un homme du vingt et unième siècle et un animal sorti de la préhistoire. En dessinant des empreintes dans les Gorges de l’Ardèche, je marche sur le sentier du temps, en ayant conscience que le passé comme l’avenir m’appartiennent dans un présent insaisissable."

Cinquième volet d'un cycle programmé pour se terminer à la mort de l'artiste, GP5 "ARCHÉOLOGIA" marque un retour important à la peinture sur toile que Philippe Chitarrini avait délaissé au profit principalement du dessin et de la sculpture. Envisagées comme des objets à part entière, ses toiles se situent à la frontière de la peinture et de la sculpture.

Mais "ARCHÉOLOGIA" se présente avant tout comme une remontée des profondeurs sombres de la terre vers la lumière d'une surface aux textures et aux matières les plus variées et les plus inattendues.
Jouant subtilement avec les ombres, les reflets, les reliefs et les profondeurs, l'artiste nous fait passer sans relâche de l'infiniment grand à l'infiniment petit, pour nous perdre dans les méandres d'un mythe méduséen qu'il ne cesse d'explorer.
A voir absolument.
Philippe Chitarrini pour Vincent Pollet, Directeur de la VIP ART Galerie

Exposition du 12 juin au 11 juillet 2010.
Vernissage le vendredi 11 juin à partir de 18h30 en présence de l'artiste.
VIP ART Galerie, 66 rue Grignan
13001 Marseille - 04 91 55 00 11
www.vip-art-galerie.com


Vincent Pollet, Directeur de la VIP ART Galerie et Philippe
Lundi 31 Mai 2010
Lu 1182 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 198










Inscription à la newsletter