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12 février - 23 août, Our Body, A corps ouvert. Exposition Anatomique de vrais corps humains, Espace 12 Madeleine, Paris


Our Body, A corps ouvert est une exposition fascinante, à la fois artistique et éducative qui présente de véritables corps et organes humains.Destinée à tous, cette exposition va littéralement « sous la peau », et révèle les mystères de l’anatomie de l’homme.
Plutôt que d’utiliser des modèles anatomiques, Our Body, A corps ouvert utilise de véritables corps humains pour permettre au public le plus large de voir ce qu’en principe seuls les docteurs et les anatomistes sont capables d’étudier : c’est l’expérience de toute une vie. Le but d’Our Body, A corps ouvert est que les visiteurs partent avec une meilleure connaissance de l’anatomie et des fonctions du corps et une meilleure appréciation de leur santé.

Espace 12 Madeleine
Du 12 février au 10 mai, l’exposition Our Body, A corps ouvert est présentée en plein coeur de Paris dans un nouvel espace culturel de 1200 mètres carrés, l’Espace 12 Madeleine. L’exposition occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble construit en 1924 par l’architecte Jean de Saint-Maurice pour les Messageries maritimes.C’est un immeuble classé et remarquable qui s’inscrit dans les séquences historiques des Grands Boulevards parisiens. Idéalement placé, à 100 mètres de l’église de la Madeleine et à 100 mètres de l’Olympia.

Du 23 mai au 23 août, Our Body, A corps ouvert sera exposé dans l’est parisien, dans le cadre magnifique du Parc Floral de Paris.
Les corps, les spécimens et les organes présentés dans Our Body, A corps ouvert sont conservés selon un procédé connu sous le nom d’imprégnation polymérique. C’est un procédé de conservation assez récent où les fluides corporels sont remplacés par des polymères afin de créer un spécimen anatomique solide et durable, presque éternel.
L’imprégnation polymérique a permis le développement des expositions anatomiques à but éducatif. Elles ont fait le tour du monde, Etats-Unis, Australie, Japon, Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne, Espagne, Portugal et ont été vues par plus de 30 millions de visiteurs à ce jour.
OUR BODY / THE UNIVERSE WITHIN, la version américaine de l’exposition a été présentée aux Etats-Unis au Witte Museum de San Antonio, Texas, au Science Center d’Orlando, Floride et au Science Center de Detroit,Michigan, au Museum & Science Center de Rochester, New York.

Pratique

ESPACE 12 MADELEINE
12 boulevard de la Madeleine
75009 Paris

Métro :Madeleine · Bus : 24, 42, 52, 84, 94
Parking :Madeleine · Parking :Vendôme

HORAIRES
12 février - 10 mai 2009
Ouvert tous les jours
Lundi · Mardi · Mercredi · Jeudi : de 12h00 à 20h00
Nocturne le Vendredi : de 12h00 à 22h00
Samedi · Dimanche : de 10h00 à 20h00

TARIFS
Plein tarif : 15,50 €
Tarif réduit : 13,50 €
(Jeune 7-25 ans, étudiant, chômeur, adhérent)
Tarif enfant (moins de 7 ans) : 2 €
Tarif famille : 42,00 €
(2 adultes et 2 enfants de moins de 16 ans)
Tarifs réduits pour groupes et écoles : 0 892 707 905 (0,34€/mn)
Lundi / Tarif unique : 12,50 €
Audioguide : 5 €
Catalogue de l’exposition : 15 €
RÉSERVATION
0 892 68 46 94 (0,34 €/mn),

Repères sur l'histoire de l'anatomie

Egypte ancienne
L’homme a toujours été fasciné par le fonctionnement interne du corps humain. Des tablettes d’argile, retrouvées dans l’ancienne Ninive et datées de 4000 ans avant J-C., décrivent déjà l’intérieur du corps. Elles étaient utilisées pour les oracles. Mais les premières traces d’un travail rationnel sur l’anatomie se situent en Egypte ancienne, et datent d’environ 1650 ans avant J-C. Il s’agit du papyrus d’Edwin Smith, du nom de l’Américain qui a acheté le rouleau.C’est le premier document médical connu, un traité de chirurgie traumatologique qui décrit aussi bien les observations anatomiques que les examens cliniques, la démarche diagnostique, le traitement et le pronostic de nombreuses lésions. Un autre exemple d’étude sur l’anatomie est le papyrus d’Eber, écrit en Egypte en 1550 avant J-C. Ce rouleau de papyrus représente environ 110 pages d’un traité sur le cœur humain. Il place le cœur au centre de la circulation sanguine, communiquant avec des vaisseaux répartis sur l’ensemble du corps. Des chapitres sont également consacrés aux maladies digestives, aux yeux, et à la dermatologie. Enfin, on y trouve le traitement chirurgical des abcès et des tumeurs.

Grèce ancienne

Le mot anatomie vient du grec « annatemnein », qui veut dire disséquer. Dans la Grèce ancienne, le philosophe Aristote (384-322 avant J-C.) contribua à une meilleure connaissance de l’anatomie. Il est à l’origine de la distinction entre les nerfs et les tendons et il a décrit comment les gros vaisseaux se divisaient en vaisseaux plus petits. L’étude de l’anatomie a continué sa progression quand Hérophile (335-280 avant J-C.) et Erasistrate (310-250 avant J-C.), deux médecins grecs,ont fondé une école de médecine en Egypte, à Alexandrie, où les dissections de corps humains étaient autorisées. Insistant sur le besoin d’observation et d’expérimentation, Hérophile est d’ailleurs considéré comme le père de la méthode scientifique. Avec Erasistrate, ils ont pu faire d’importantes découvertes liées au cerveau, le révélant comme le centre du système nerveux et le siège de l’intelligence. D’autres champs importants de recherche explorés par ces deux médecins concernaient les yeux, le foie et le pancréas.

Galien

Les théories du médecin grec Galien (129-200) ont dominé la pensée médicale de l’Occident pendant le premier millénaire. Né à Pergame (aujourd’hui ville de Turquie moderne), Galien s’intéressa à l’étude de la médecine dès l’âge de 16 ans. Vers 20 ans, il quitta Pergame pour Alexandrie où il découvrit l’anatomie grâce à des autopsies. Mais il enrichit considérablement ses connaissances quand il eut à soigner des gladiateurs dans sa ville natale de Pergame.C’est à cette époque qu’il commença à trouver de l’intérêt pour l’exploration du corps humain, tout en traitant les blessures qu’il appelait les « fenêtres dans le corps ».Plus tard il réalisa des opérations complexes sur le cerveau et sur l’œil,mettant au jour la chirurgie de la cataracte, qui ne sera retentée que 2000 ans plus tard ! Galien partit pour Rome en 162 après J-C. Sa réputation grandit de façon exponentielle en raison de sa pratique de la dissection en public. Il fut même élevé au rang de médecin personnel de l’empereur Marc-Aurèle. L’œuvre de Galien a été traduite en arabe. Son approche scientifique et rationnelle de l’anatomie devint plus tard la base de nombreuses découvertes réalisées dans le monde arabe au VIIe siècle après J-C. Cependant, en dépit de sa pratique courante de la dissection, Galien refusa souvent de reconnaître qu’il existait des différences significatives entre l’homme et l’animal. Ce n’est qu’au 16e siècle que Vésale rectifia ses erreurs.

Renaissance

Avant la Renaissance, les artistes n’avaient pas vraiment pris conscience qu’une minutieuse observation d’un sujet était capitale pour en faire une fidèle reproduction. C’est au début de la Renaissance que l’on abandonna la platitude du dessin en deux dimensions à la faveur d’un dessin plus spatial en trois dimensions. De nombreux artistes commencèrent alors à considérer l’importance d’une observation méticuleuse du corps humain pour leurs travaux. Parmi eux,Michel Ange, qui utilisait la dissection humaine pour obtenir une reproduction fidèle du corps dans ses œuvres.Mais aucun autre artiste de la Renaissance ne sut mieux que Léonard de Vinci utiliser les relations entre l’art et la science. Léonard de Vinci (1452-1519) est « l’homme de la Renaissance », lui qui additionnait, en plus de tous ses talents, ceux d’artiste et d’anatomiste. Sa formation sur le corps humain commença lors d’un d’apprentissage avec un maître qui obligeait ses élèves à apprendre l’anatomie. Il devint très vite expert en anatomie topographique, dessinant de nombreuses vues des muscles, tendons et autres organes.Grâce à sa renommée, Léonard de Vinci obtint la permission exceptionnelle de disséquer des corps humains dans les hôpitaux de Florence, Milan et Rome. De 1510 à 1511, il travailla avec le docteur Marc-Antonio della Torre et ensemble, ils préparèrent un traité d’anatomie pour lequel Léonard de Vinci réalisa plus de 200 dessins.
Ce traité fut seulement publié en 1680, c’est-à-dire 161 ans après sa mort, sous le titre « Traité de peinture ». Si les dessins de Léonard de Vinci constituent la base des illustrations anatomiques modernes, l’un des plus connus est probablement sa méditation sur la corrélation entre l’anatomie du corps humain et la géométrie, symbolisé par « l’Homme de Vitruve ». Ce dessin de renommée mondiale, commenté par des notes écrites de l’artiste en 1492, décrit un homme dans deux positions différentes superposées, qui s’inscrivent à la fois dans un cercle et dans un carré.

Vésale

Souvent considéré comme le père de l’anatomie moderne, André Vésale (1514-1564) naquit à Bruxelles dans une famille de médecins. Très tôt, son intelligence fut remarquée, et juste après avoir été obtenu son doctorat à l’université de Padoue, il obtint la chaire de chirurgie et d’anatomie. C’est là qu’il commença ses nombreux ouvrages sur l’anatomie humaine, notamment l’ouvrage en sept volumes intitulé « De Humani Corporis Fabrica ». De Humani est tiré de conférences que Vésale a données à Padoue, pendant lesquelles il passait de la théorie à la pratique en disséquant des corps humains afin de mieux illustrer ses cours. La récente levée de l’interdiction de dissection des corps humains par l’église catholique autorisait désormais les autopsies des criminels condamnés à la pendaison.Ce travail sur les cadavres qui lui étaient fournis a permis à Vésale de mettre en évidence et de rectifier de nombreuses erreurs commises par Galien. De Humani représente également un progrès sur les concepts mêmes de l’anatomie et comporte des illustrations remarquables, bien supérieures à toutes les illustrations existantes dans les autres atlas anatomiques de l’époque.C’est un des ouvrages les plus influents sur l’anatomie du corps humain jamais publié et ses travaux ont conduit Vésale à être nommé médecin de la cour de Charles V, Saint Empereur Romain

Gray

C’est à l’époque de la révolution industrielle que les anatomistes ont pu finaliser la description du corps humain et isoler les systèmes dont il était composé. Pendant cette période, la demande de cadavres pour la dissection était devenue si importante en Angleterre que le Parlement avait dû établir la loi de 1832 sur l’anatomie afin de fournir une quantité appropriée et légale de corps. Une des personnalités marquantes de cet épisode est Henry Gray (1825-1861). Il était professeur à l’hôpital Saint-George, dépendant de la faculté de médecine de Londres, lorsqu’il eut l’idée d’un manuel complet d’anatomie pour les étudiants. Cet ouvrage de 750 pages contenant 363 dessins réalisés par le docteur H. V. Van Dyke Carter — un dessinateur doué — devint très vite une référence. Sa première édition datée de 1858 avait pour titre « Anatomie descriptive et chirurgicale », mais bien des générations d’étudiants l’ont connu simplement sous le nom d’ « Anatomie de Gray ». Continuellement mis à jour, ce manuel en est à sa 39e édition anglaise : c’est la « bible » de l’anatomie.

Rayons X et IRM

Les progrès de l’anatomie moderne sont plus liés aux avancées technologiques qu’à la pratique de la dissection. Ces nouvelles technologies, en particulier la radiographie et l’IRM, ont permis l’observation non invasive de patients vivants. En 1895, le physicien allemand Wilhem Roentgen (1845-1923) a obtenu le Prix Nobel de Physique pour avoir émis et détecté des radiations électro-magnétiques dans une longueur d’ondes que l’on appelle aujourd’hui les rayons X. Les rayons X représentent une découverte essentielle dans l’imagerie médicale. Ils sont à l’origine de la radiographie et ont transformé l’étude de l’anatomie. Une autre avancée technologique considérable vit le jour en 1977 avec la première utilisation de la Résonance magnétique nucléaire (IRM). Il s’agit d’un procédé dans lequel les ondes radio et les champs magnétiques, tous deux reliés à un ordinateur, sont utilisés pour recréer des images extrêmement précises de l’intérieur du corps. La particularité de l’IRM est de modifier le champ magnétique local. Les tissus normaux et anormaux répondant différemment à cette modification, l’IRM permet de faire la différence entre des tissus sains et des tissus malades, ce qui était impossible auparavant.


pierre aimar
Vendredi 20 Février 2009
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