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11 au 13 mars, L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune, avec Daniel Mesguich et William Mesguich au Théâtre Gyptis, marseille

L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune, de Jean-Claude Brisville. Mise en scène Daniel Mesguich et William Mesguich au théâtre Gyptis de Marseille.


Daniel Mesguich et William Mesguich © DR
Daniel Mesguich et William Mesguich © DR

Extrait de L’Entretien M. Descartes avec M. Pascal le Jeune
PASCAL : Vous voici donc, Monsieur, une nouvelle fois sur le départ…
DESCARTES : Je n’ai aucune attache en France. A parler franc, je suis partout un peu chez moi dans l’Europe et vraiment chez moi nulle part. Mais il n’importe.
PASCAL : J’ose cependant m’étonner qu’un esprit libre et grand comme le vôtre se puisse accommoder à ces contraintes auxquelles on est obligé dans les cours.
DESCARTES : Je ne suis pas sûr que le mien s’en accommodera, mais l’épreuve a son intérêt. Voyez-vous qu’elle apprenne à mon esprit qu’il est moins libre et grand qu’il ne croyait ?
PASCAL : Monsieur, vous me payez d’une boutade.
DESCARTES : Est-il défendu de sourire ?
PASCAL : Oh ! certes non. Je n’en reste pas moins surpris qu’un homme tel que vous n’ait point trouvé son lieu ; qu’il ait passé sa vie dans l’exil et que rien ne l’ait retenu dans son propre pays.
DESCARTES : Il est vrai que j’ai pris grand soin à ne pas m’établir. Depuis trente ans, je n’en ai passé, je crois bien, que cinq en France. Mais ce ne fut pas par hasard. Ma pensée aimait le voyage, et si je n’avais tant vagabondé, nous aurions vécu moins bien ensemble.
PASCAL : Elle vous demandait le mouvement ?
DESCARTES : Elle voulait que j’échappasse aux liens habituels. La solitude, le silence et mon invisibilité lui semblaient préférables. Je lui ai obéi.
PASCAL : Votre invisibilité ?…
DESCARTES : Disons le masque. Je m’avance masqué depuis que j’ai quitté l’école. Il faut ruser avec les gens si l’on veut penser à son aise.
PASCAL : Il semble que penser soit pour vous le ressort de toute vie.
DESCARTES : je vous l’avouerai volontiers, je me plais à étudier les opérations de mon esprit et à me rassembler dans mon attention. Ce que je trouve est peut-être moins important que l’acte de la découverte. Il y a de la griserie à observer son mécanisme – et à le maîtriser. N’en allez point imaginer que je passe mon temps à ma table à écrire. Je suis fort paresseux, je vous l’ai dit, et mon lit me retient quotidiennement dix heures sur vingt-quatre. Même ayant bien dormi, j’ai de la peine à m’en sortir. Mais après tout, ma Méthode m’est apparue dans le désoeuvrement d’un poêle. A chacun sa méthode. (Un temps). Et vous, Monsieur, dormez-vous bien ?
PASCAL : Fort peu… et mal.

Jean-Claude BRISVILLE

Né en 1922, Jean-Claude Brisville est auteur et scénariste français.
Jean-Claude Brisville, journaliste littéraire, cultive sa passion pour la langue française et se lance dans la création littéraire en 1948 avec son premier roman Prologue. L’auteur enchaîne les créations et l’oeuvre D’un amour (parue en 1959) est récompensée par le prix de « Sainte Beuve ». Jean-Claude Brisville varie les genres, il écrit de nombreux livres pour enfants. En 1982 il se lance dans le théâtre, ce premier essai est joué au Petit Odéon et il obtient pour sa première pièce, Le fauteuil à bascule, le prix de la meilleure création artistique la même année. Après ce premier succès suivent de nombreuses adaptations théâtrales. Le souper, pièce en un seul acte, lui vaudra le Grand Prix du théâtre de l’Académie Française trois ans après avoir été jouée au théâtre Montparnasse en 1989. Cette pièce sera adaptée au cinéma en 1992 par Edouard Molinaro avec les acteurs Claude Brasseur et Claude Rich.
Jean-Claude Brisville désire ranimer la mémoire des personnages historiques avec L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune, jouée en 1986, et le long métrage Beaumarchais l’insolent réalisé par Edouard Molinaro en 1996.
Quartier d’hiver, son dernier roman, qu’il écrit à l’âge de 84 ans, évoque les souvenirs et les rencontres qui ont marqué sa vie telles celles avec René Char ou Albert Camus.

Pratique

Mise en scène Daniel Mesguich et William Mesguich
Acteurs Daniel Mesguich (Descartes) ; William Mesguich (Pascal)
Assistante à la mise en scène Sarah Ferrier
Lumières Patrick Méeüs
Costumes Dominique Louis
Son Yann Galerne
Maquillage / Perruques Rebecca Zeller

Théâtre Gyptis
136, rue Loubon
13003 - Marseille
Réservations 04 91 11 00 91
Toute la saison www.theatregyptis.com


pierre aimar
Vendredi 5 Mars 2010
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