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10 mars au 30 avril 2010, Philippe Pétremant, Rien que pour vos yeux, à la galerie le Réverbère à Lyon

Vernissage le mardi 9 mars 2010 de 18h à 21h en présence du photographe. Avec le soutien du Centre national des arts plastiques, ministère de la Culture et de la Communication / aide à la première exposition. Ce même soir vernissages rue Burdeau : Le bleu du ciel, galeries Henri Chartier, Dominique Sudre et Caroline Vachet.


Les sept mercenaires, 2010.

Philippe Pétremant © DR
Philippe Pétremant © DR
Cet ensemble est composé de sept portraits (100 x 80 cm) comme les sept jours de la semaine, les sept muses, les sept péchés capitaux ou les sept merveilles du monde, bien que les sept mercenaires soient encore la comparaison qui leur sied le mieux. Il s’agit de billets de banque photographiés en plan rapproché, assemblés pli selon pli, où les procédés graphiques dissuadant les contrefaçons s’effacent pour faire place à de délicats entrelacs, de subtiles superpositions de trames se déployant en faste ornemental d’inspiration baroque et où les figures du pouvoir s’entremêlent incestueusement, s’abâtardissent les unes les autres, se ridiculisent et s’ahurissent tout en demeurant irrémédiablement des figures, grotesques mais crédibles, à moins que ce ne soit l’inverse ?

Les contrées nulles, depuis 2008.

Les contrées nulles, au titre emprunté à Mallarmé, doivent beaucoup aux poètes qui accompagnent mes nuits ou plutôt ma nuit, devrais-je dire. Stéphane Mallarmé donc, Paul Valéry et René Char pour n’en citer que les plus fidèles, ont abondamment nourri l’imaginaire de ces natures mortes où n’en finissent plus d’échoir mes obsessions et que j’observe attentif, curieux de la forme qu’elles révéleront de l’autre côté de l’appareil.
L’une de ces obsessions, parmi les plus tenaces, consiste à voir dans n’importe quel objet donné, un reflet du monde ; c’est ainsi que je me suis mis à photographier les objets les plus divers qu’une vieille manie me fait glaner et amasser, comme s’il s’agissait de lieux. Façade de bâtiment ou montagne surgissant de sa plaine, c’est le souci du proche et du lointain, le choix d’un point de fuite ou d’une ligne d’horizon, la détermination des reliefs et dépressions qui instruisent dans son ensemble le protocole de prise de vue.
Que l’image recueillie ne conserve du paysage qu’une vague réminiscence ou encore que certaines demeurent irréductibles à l’idée même de paysage importe moins que le mouvement de contre-emploi qu’imprime ce dévoiement : la photographie ne cesse plus dès lors d’éprouver à l’égard du réel un sentiment de défiance et use de son mimétisme pour rendre toujours plus confuse la limite entre vraisemblable et faux-semblant.
Les points de vue se succèdent et s’immiscent au milieu des choses, la vision s’origine de la poussière, des particules en suspension et surprend le monde en son absence : le spectacle nu d’un temps en chute libre, où toute chose se meut de sa cadence de mort.

Pratique

Du 10 mars au 30 avril 2010, du mercredi au samedi, de 14h à 19h et sur RDV.
Galerie le Réverbère
Catherine Dérioz, Jacques Damez
38, rue Burdeau
69001 Lyon
+ 3 3 ( 0) 6 08 55 91 78
galerie-le-reverbere@wanadoo.fr
galerielereverbere.com


pierre aimar
Mercredi 17 Février 2010
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