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1/10 au 15/11/2008 > Valence, Lux, scène nationale : rétrospective Alfred Hitchcock

Cette rétrospective rend hommage à Alfred Hitchcock, à travers des œuvres qui ont renouvelé le genre
du film d’espionnage et posé les bases du cinéma d’action moderne sans jamais renoncer à la
fantaisie et au divertissement : La mort aux trousses, qui intègre le programme des baccalauréats
cinéma et musique cette année, en est le parangon.


1/10 au 15/11/2008 > Valence, Lux, scène nationale : rétrospective Alfred Hitchcock
Elle nous mènera des films moins connus de la période anglaise à Hollywood où les studios de David O Selznick lui permettent de révéler son génie et d’approfondir des œuvres esquissées auparavant – Les 39 marches devient La mort aux trousses, Une femme disparaît réapparaît dans Vertigo- .
Son style et ses perpétuelles innovations techniques font de lui un auteur consacré. Considéré par
François Truffaut comme « un des plus grands inventeurs de formes de toute l’histoire du cinéma. », il
fit de la pulsion scopique et des vertiges de l’amour, de l’imaginaire et des fantasmes, les moteurs de
sa création. Les grandes figures hitchcockiennes – suspense, mac guffin, faux coupable, traumatisme,
psychanalyse, espionnage, fausses pistes, perte d’identité — sont admirablement servies par une
distribution au charme irrésistible. James Stewart, Cary Grant, Sean Connery donnent la réplique à
Ingrid Bergman, Joan Fontaine, Grace Kelly, Kim Novak, Janet Leigh, Tippi Hedren. Actrices aimées,
manipulées et parfois malmenées, blondes sévères et hautaines déshabillées par une caméra
pulsionnelle et transgressive, incarnant l’idéal suprême demeuré inaccessible à cet homme petit et
obèse, élevé chez les jésuites dans l’Angleterre puritaine du début de siècle, marié vierge et ayant
vécu jusqu’à sa mort un mariage qui reposait surtout sur une complicité professionnelle.
Les films pour Hitchcock seront aussi une manière de se libérer du poids de sa frustration constitutive
qui éclaire des pans entiers de sa filmographie. Fenêtre sur cour devient la parabole de cette
impuissance fondatrice : à l’instar du spectateur regardant le film, le héros, immobilisé, dont la vie se
réduit à contempler l’activité de la cour, devient voyeur puis captif de la représentation de sa pensée. Il
se met à inventer ce qu’il ne voit pas. Le hors champ est bien la création d’un imaginaire. « Je vous
parie que neuf personnes sur dix, si elles voient de l’autre côté de la cour une femme qui se
déshabille avant d’aller se coucher ou simplement un homme qui fait du rangement dans sa
chambre, ne pourront s’empêcher de regarder.” confiait le maître. La vision faite désir… que Vertigo,
l’un des plus grands films d’amour de l’histoire du cinéma, pousse à son extrême : une cristallisation
morbide qui nous fait aimer par-delà la mort, jusqu’à faire revivre cet amour mort. « Hitchcock transpose
ce vertige au sommet de l’utopie humaine : vaincre le Temps là où ses blessures sont le plus
irréparables. » écrivait Chris Marker.

Lux Scène Nationale
26000 Valence
T 04 75 82 44 15
F 04 75 82 44 12
www.lux-valence.com

Meurtre (Murder)
avec Herbert Marshall, Nora Baring. Angleterre, 1930, 1h40
Un acteur dramatique de renom participe en tant que juré à la condamnation pour meurtre d'une jeune actrice dont il finit par douter de la culpabilité. Avec l’aide de deux comédiens, il entreprend alors de conduire sa propre enquête...
Pour sa troisième expérience avec le parlant, Hitchcock qui ne s’est pas encore imposé comme un maître du suspense, poursuit dans la veine du film policier à énigme construit sur la base du whodunit (déploiement d'une enquête conduisant au final à la révélation d'un coupable). « Je n’aime pas beaucoup ce procédé. Cela fait penser à un puzzle ou à une grille de mots croisés. Vous attendez tranquillement la réponse à la question : qui a tué ? Aucune émotion. » Hitchcock
du 8 au 14 octobre

L’homme qui en savait trop (The man who knew too much)
avec Leslie Banks , Edna Best, Peter Lorre
Angleterre, 1934, 1h24
En vacances en Suisse avec leur fille, Bob et Jill Lawrence se lient d'amitié avec un Français qui est assassiné. Avant de mourir, il prévient Bob qu'un diplomate va également être assassiné. Pour empêcher le couple de parler, les futurs meurtriers enlèvent leur fille…
« Ce qui m’a passionné dans ce film ? De l’écrire. J’y ai pensé un an. Chaque séquence devrait être intéressante. Je fais des films sur le papier. Quand je tourne, je ne regarde jamais le scénario. » Hitchcock
du 22 au 28 octobre

Les 39 marches » (The thirty nine steps)
avec Madeleine Carroll, Robert Donat, Lucie Mannheim
Angleterre, 1935, 1h26
Un Canadien bien tranquille, Richard Hannay, à peine débarqué en Angleterre, est le témoin d’un crime qui le met sur la piste d’un dangereux réseau d’espions. « En même temps qu’il ménage avec un art consommé ce « suspense » dont il est le maître, Hitchcock s’amuse à faire de la peinture de mœurs, de la comédie de salon et un brin de satire politique. » Henry Chapier, Combat
du 22 au 28 octobre

[bUne femme disparaît (The lady vanishes)]b
Angleterre, 1938, 1h37, avec Margaret Lockwood, Michael Redgrave, Paul Lukas
Une vieille dame disparaît dans un train traversant les Balkans. En fait le train se révèle être un véritable nid d'espions et la lady un agent secret britannique. Que se passe t’il dans ce train transportant des voyageurs étranges à travers une Europe qui se prépare à la guerre ? Kidnapping ? Meurtre ? Illusion ? Deux jeunes gens improvisent une enquête et Hitchcock, lui, nous mène en bateau.
du 8 au 14 octobre

[bSoupçon (Suspicion)]b avec Cary Grant, Joan Fontaine. Etats-Unis, 1941, 1h39
Parce qu'il lui ment trop souvent, Lina, la jeune épouse de Johnny, se met à le soupçonner d'être un assassin et s'imagine qu'il veut la tuer. « L’essence de l’œuvre d’Hitchcock est la mise en lumière de l'emprise d'une conscience sur une autre, d'une âme sur une âme ». Eric Rohmer
du 5 au 11 novembre

[bL’ombre d’un doute (Shadow of a doubt)]b, avec Joseph Cotten, Teresa Wright. Etats-Unis,1943, 1h48
Oncle Charlie et sa nièce sont très attachés l'un à l'autre. Enfin, jusqu'à un certain point, car Charlie n'apprécie vraiment pas que sa nièce puisse le soupçonner d'être l'affreux assassin que recherche la police. « Sous couvert du suspense, le film marque pour Hitchcock l’opportunité de s’interroger avec une étonnante acuité sur la proscription du rapport sexuel et l’impuissance masculine, jusqu’à en faire l’une des raisons d’être de ses œuvres. » Clément Graminiès, Critikat
du 12 au 18 novembre

[bLes enchaînés (Notorious)]b avec Cary Grant, Ingrid Bergman. Etats-Unis, 1946, 1h41
Alicia, fille d'un espion nazi, mène une vie dépravée. Devlin lui propose de travailler pour les Etats-Unis afin de réhabiliter son nom. Elle épouse donc un ancien ami de son père afin de l'espionner. Mais Devlin et elle s'aiment sans oser se l'avouer… « Notorious reste extraordinairement moderne. Il est d’une pureté magnifique et un modèle de construction de scénario. » François Truffaut
du 5 au 11 novembre

La corde (The rope). Avec James Stewart, John Dall, Farley Granger. Etats-Unis,1948, 1h 20
Juste avant un cocktail qu’ils organisent, deux jeunes hommes étranglent pour la seule volupté du geste, leur camarade de classe et dissimulent son cadavre dans un coffre sur lequel ils placent le buffet. Il ont convié les parents du mort, son exfiancée ainsi que leur ancien professeur. « Filmé d’une traite, sans coupures ni collures, délesté du montage, La corde demeure un fascinant pari esthétique, à la fois objet unique et preuve tangible des possibilités du cinéma. » Serge Kaganski
« La corde captive par son suspense et son ironie macabre, par sa réflexion sur les notions de crime et de culpabilité. » Serge Kaganski
du 29 octobre au 4 novembre

L’inconnu du Nord-Express (Strangers on a train) avec Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker
Etats-Unis,1951, 1h40
Un joueur de tennis connu se voit proposer un macabre échange de meurtres par un mystérieux inconnu… « Le film est d’une admirable amoralité soutenue par une sensualité gourmande qui fait des meurtres hitchcockiens de petits chefs-d’œuvre de cruauté satisfaite. » Pierre Marcabru, Combat
du 22 au 28 octobre

Fenêtre sur cour (Rear window) avec James Stewart, Grace Kelly. Etats-Unis, 1955, 1h52
Un reporter immobilisé par un plâtre observe de sa fenêtre les allées et venues de ses voisins. Le comportement bizarre d'un représentant de commerce l'intrigue à un point tel qu'il le croit meurtrier de sa femme. Fantasme ou réalité ? « Un des films préférés d’Hitchcock qui mêle, à travers cette étude d’un cas typique de voyeurisme, réflexions sur l’amour et le cinéma. » Aurélien Ferenczi
du 22 octobre au 4 novembre

Sueurs froides (Vertigo) avec James Stewart, Kim Novak. Etats-Unis, 1958, 2h07
Scottie, ancien policier sujet au vertige à la suite d’un traumatisme, est chargé par un ami de suivre sa femme, Madeleine, au comportement étrange… « Jamais Hitchcock n’a à ce point libéré ses fantasmes, ses pulsions, son imaginaire et sa libido. Il se laisse entraîner sur la pente du romantisme le plus fatal, du fétichisme et de la nécrophilie. (…) C’est le film de l‘amour fou, dans l’acceptation surréaliste du terme. L’amour plus fort que la mort. L’histoire d’un homme comme l’écrivait Eric Rohmer, amoureux non d’une femme, mais de l’idée d’une femme. » Michel Boujut, Les nouvelles 1984
du 8 octobre au 4 novembre

b[La mort aux trousses (North by Northwest))∫ avec Cary Grant, Eva Marie-Saint, James Mason. Etats-Unis,1959, 2h16
Par méprise, les hommes de main de l’espion Philip Vandamm enlèvent un honnête publicitaire, Roger Thornhill. Ces derniers croient avoir mis la main sur le contre-espion qui les traque. Après avoir vainement tenté de l’assassiner, ils lui font endosser un meurtre au Siège des Nations Unies. Poursuivi par la police, Thornhill part sur les traces du véritable contreespion, et rencontre la très élégante et mystérieuse Eve Kendall. « Hitchcock ne se contente pas de jouer avec la sagacité du spectateur, qu’il conduit sur de multiples fausses pistes en créant un véritable labyrinthe mais, passant d’un genre à un autre, il signe un film à la splendeur inépuisable. » André Moreau, Télérama
du 1er octobre au 4 novembre

b[Psychose (Psycho)] avec Anthony Perkins, Janet Leigh. Etats-Unis, 1960, 1h49
Marion Crane dérobe quatre cent mille dollars à son patron pour vivre avec son amant, puis s’enfuit en voiture. Elle fait halte à la nuit dans un motel isolé. Norman Bates, le jeune gérant, l’accueille aimablement… « Psychose recèle, derrière les méandres d’une histoire mystérieuse particulièrement adroite et impressionnante, une déchirante méditation sur l’obsession majeure de l’univers hitchcockien : la relativité du bien et du mal en chacun de nous. » Yves Boisset, cinéma
du 8 octobre au 4 novembre

Les oiseaux (The birds) avec Tippi Hedren, Rod Taylor, Jessica Tandy. Etats-Unis, 1963, 2h
Une jeune femme, Mélanie, rencontre chez un marchand d'oiseaux un brillant et séduisant avocat qui recherche des inséparables. Par jeu, elle achète les oiseaux et les apporte à Bodega Bay où il réside. Dès son arrivée, elle est blessée au front par une mouette... « Les oiseaux fait partie de ces grands mais rares films d’angoisse qui font toujours peur même après plusieurs visions. Le postulat est d’une simplicité lumineuse : et si les oiseaux, animaux pacifiques autant qu’insaisissables, devenaient
soudainement un danger de mort… » Jacques Morice
du 15 au 28 octobre

Pas de printemps pour Marnie (Marnie) avec Tippi Hedren, Sean Connery. Etats-Unis, 1964, 2h10
Mark Rutland sait qu'à chaque nouvel emploi Marnie Edgar déleste ses employeurs. Intrigué par son comportement et attiré par sa fascinante beauté, il l'engage tout de même comme secrétaire-comptable dans sa maison d'édition… « Marnie est tout à la fois une œuvre à suspense admirablement dirigée et une troublante réflexion sur la sexualité de son héros. Le film se transforme sous nos yeux en un film d’amour bouleversant dans lequel le doute et la vérité, la suspicion et la peur, les fantasmes et les souvenirs se livrent un incessant combat. » André Moreau
du 12 au 18 novembre


pierre aimar
Mercredi 1 Octobre 2008
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