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Julie Legrand + Romain Rivière à la galerie Backslash, Paris, du 16 mai au 22 juin 2013

La galerie Backslash propose une série d’expositions visant à montrer les univers d’artistes invités sous une forme de correspondance. Le cycle, de retour chaque printemps, propose une approche intime d’univers plastiques aussi variés que riches à travers les regards d’artistes de la jeune création contemporaine. 




Romain RIVIERE. Cabane, 2012. Tirage lambda sur papier photo. 50 x 70 cm
Romain RIVIERE. Cabane, 2012. Tirage lambda sur papier photo. 50 x 70 cm
Cette première édition invite le spectateur à une conversation entre Julie Legrand et Romain Rivière dont les recherches récurrentes sur certains thèmes et médiums proposent des démarches presque sérielles, voire obsessionnelles. L’espace de la galerie se transforme en une déambulation autour de leurs médiums favoris, le travail du verre de Julie Legrand et celui de la photographie de Romain Rivière. L’univers de l’un répond à celui de l’autre à travers une scénographie à la fois dense et radicale.





Julie Legrand manie le verre à travers des recherches déroutantes dont les caprices ébranlent l’oeil du spectateur. L’artiste confronte la fragilité de ce matériau à des éléments plus bruts, tels le pneu de moto ou l’éponge, et apporte à l’ensemble une vision décalée. Ecart volontaire, le verre semble vouloir s’échapper de l’ambiguité qui l’oppose à ses supports. « Un certain rapport entre immobilisme et mouvement anime mes installations qui, pour la plupart, si elles ne bougent pas, sont en tension, pèsent, poussent, appuient, serrent, relient, s’écoulent, s’épanchent, s’attirent, s’aimantent», explique l’artiste. 






Les photographies de Romain Rivière se posent à la frontière entre l’esthétisme le plus direct et l’analyse sociétale. Les images parfaitement maîtrisées se heurtent au sens caché d’une analyse acerbe des antinomies actuelles de notre civilisation, exacerbation des envies d’un monde occidental contradictoire. Ce sont des enseignes publicitaires créées de toutes pièces mais photographiées de dos, comme pour leur confiner un sens anodin voire incertain malgré leurs façades aux allures ultra colorées et revendicatives. Ce sont des cabanes de pêcheurs à la limite entre images de favelas et rêve de retour à la nature de l’homme occidental. Mais ces cabanes s’enflamment et mettent en exergue l’éventuelle obsolescence d’un monde fait de contradiction, tiraillé entre les différentes utopies qui régissent nos sociétés. 



Pierre Aimar
Lundi 13 Mai 2013
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